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  • : Poesie et nouvelles contemporaines. Le Chant des Mots est une association angevine dont l'objet est d'organiser des rencontres avec des poètes et nouvellistes au cours de soirées ouvertes gratuitement au public. NOUS CONTACTER : lechantdesmots@angers.fr
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PROGRAMME

 

Mardi 3 novembre 2009

Le Chant des Mots

&

la Bibliothèque Anglophone

 

proposent

 

 

Les Dits et Nouvelles

 

 

Une rencontre avec

 

 

Annie Saumont

 

 

 

 

le jeudi 19 Novembre 2009 à 20 h 30

 

Bibliothèque Anglophone

60 rue Boisnet 49100 ANGERS

 

Entrée Libre


Annie Saumont

 

Annie Saumont est née à Cherbourg (Manche) en 1927. Elle a été d’abord traductrice, spécialisée dans la littérature anglo-saxonne : J. D. Salinger, V.S. Naipaul, Nadine Gordimer, John Fowles...

Ensuite elle s’est consacrée entièrement à l’écriture de nouvelles. Auteur d’une trentaine de recueils, son œuvre aujourd’hui est traduite dans une quinzaine de langues et a été récompensée, entre autres, par l'Académie Goncourt en 1981, la Société des Gens de Lettres en 1989 et l'Académie Française en 2003…

Ses textes sont souvent reconnaissables par un style dépouillé et par un langage oral caractéristique des personnages qu’elle met en scène (enfants, exclus, maltraités…) mais aussi par la grande diversité des sujets abordés, allant des petites scènes de la vie quotidienne jusqu’aux problèmes les plus inquiétants de nos sociétés contemporaines. Mêlant ainsi le léger et le grave, le sérieux et le comique !

C’est sans doute pour cela qu’elle est reconnue par tous comme LA nouvelliste française contemporaine et que ses textes sont étudiés au collège, au lycée et à l’université… et proposés comme modèles dans les ateliers d’écriture.

 

 

« Dans tous ses recueils, Annie Saumont prouve qu’elle est une extraordinaire mécanicienne. Comment fait-elle ? Armée de pinces et de petits tournevis perso, elle démonte pan par pan la réalité humaine. A la faveur de cette dépose, les zones cachées nous sont enfin montrées, révélant la corrosion qui gagne, la fatigue grandissante des organes, la panne qui menace. Cette mécanicienne est aussi une musicienne subtile : simplement, elle fuit l’adagio et l’aria comme la peste. »

 Georges Olivier Chateaureynaud


 

Bibliographie (nouvelles)

 

Enseigne pour une école de monstres   Gallimard                    1977

Dieu regarde et se tait              Gallimard 1979  , H.B. Éditions  2000

Quelquefois dans les cérémonies          Gallimard                                 1981

Prix Goncourt de la nouvelle

Si on les tuait ?                          Luneau-Ascot   1984,    Julliard  1994

Il n’y a pas de musique des sphères     Luneau-Ascot              1985

La Terre est à nous                   Ramsay 1987,   Julliard 2009

                                      Prix de la nouvelle de la ville du Mans

Je suis pas un camion                           Seghers                                   1989

Prix SGDL de la nouvelle

Quelque chose de la vie            Seghers            1990    ,Julliard             2000

Le Pont, la rivière                                 A.M. Métailié               1990

Moi les enfants j’aime pas tellement     Syros-Alternatives        1990

Les voilà, quel bonheur                         Julliard                         1993

Prix Renaissance de la nouvelle

Après                                                    Julliard                         1996

Embrassons-nous                                  Julliard                         1998

Noir comme d’habitude                        Julliard                         2000

C’est rien, ça va passer                        Julliard                         2001

Le Lait est un liquide blanc                  Julliard                         2002

Aldo, mon ami                                       Flammarion                  2002

Les derniers jours heureux                   J. Losfeld                     2002

Un soir, à la maison                             Julliard                         2003

Prix de la nouvelle de l’Académie Française

Les blés                                                 J. Losfeld                     2003

Nabiroga                                              J. Losfeld                     2004

La Guerre est déclarée et autres nouvelles                              2005

Koman sa sécri émé                              Julliard                         2005

Un pique-nique en Lorraine                 J. Losfeld                     2005

Un mariage en hiver                            Éd. du Chemin de fer    2005

La rivière                                             Éd. du Chemin de fer    2007

Vous descendrez à l’arrêt Roussillon    Bleu autour                  2007

Les Croissants du dimanche                 Julliard                         2008

Gammes                                               J. Losfeld                     2008

Une voiture blanche                              Bleu autour                  2008

Autrefois le mois dernier                                  Éd. du Chemin de fer    2009

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Lundi 26 octobre 2009

Note de lecture.

Joël Bastard

« All is one » éditions Le Miel de l’Ours, 1218 Grand-Saconnex Suisse

« Bakofè » éditions Al Manar 96, bd Maurice Barrès 92200 Neuilly

 

Voyages. Joël Bastard nous rapporte des berges du fleuve Niger un très beau texte plein d’humanité et d’images magiques du Mali où il a séjourné pendant deux mois en 2005. Ces courtes proses poétiques nous entraînent sur une terre où le soleil arbitre tout spectacle. Comme à son habitude le poète saisit l’esprit de ce qui l’entoure, écrit a minima mais quelle résonnance à la lecture : « Aussi, la poussière se tient debout par cet homme qui marche dans son ombre ». Nous suivons les Bambaras dans leur quotidien et partageons avec eux le mystère du fleuve, ses sirènes « aux yeux indigo »  et ses rives fantasmagoriques.

Pour « All is one », c’est retour dans les pays sans couleur, instantanés de villes européenne, Vienne, Genève, le Danube, les textes paraissent froids par rapport à l’Afrique. Ici les gens nous ressemblent et la magie n’opère plus « Une jeune femme s’arrange les cheveux dans le reflet d’une publicité pour les biscuits apéritifs ». Joêl Bastard nous dit que « La frontière, c’est revenir » et nous n’avons envie que d’espaces vierges.

 

J.Essirard octobre 2009

 

 

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Vendredi 2 octobre 2009

 

Jude Stefan est né en 1930. Poète, nouvelliste et essayiste, il a choisi son pseudonyme en hommage à Thomas Hardy (Jude l’Obscur) et James Joyce (Stefen Dedalus). Ses thèmes de prédilection sont la mort, les femmes, l’oubli, sa sœur et l’enfance. Ils sont déjà présents dans son premier recueil de poésie Cyprès (1967). Il écrit une poésie « contre » : « contre le fait que le langage puisse justifier d’une manière quelconque le fait de mourir ». Depuis 1973, Jude Stefan poursuit une importante œuvre de nouvelliste. Il a également publié des ouvrages plus inclassables, notes, critiques, aphorismes qui, tel les volumes intitulés Variété, témoignent d'un engagement de toute une vie d'écriture, de lecture et de réflexion sur la littérature.

 

Jude Stefan a déclaré espérer ne pas voir le XXIe siècle car la littérature disparaîtra au profit des images. Derrière une attitude détachée et humour provocant se cachent solitude et angoisse existentielle. Outre les nombreux ouvrages de l’auteur, on pourra lire l’éclairant livre d’entretien que l’écrivain a accordé à Tristan Hordé en 2005.

 

Jude Stefan a reçu le prix Max Jacob en 1985 et le grand prix de la ville de Paris en 2000.

 

Les derniers ouvrages de Jude Stefan

·  L’angliciste - Champ Vallon, 2006

·  Désespérance, déposition - Gallimard, 2006

·  Grains & issues - La Ligne d'ombre, 2007

·  Pandectes ou le neveu de Bayle - Gallimard, 2008

·  Les Commourants, éditions Argol, 2008

·  L'idiot de village, éditions Champ Vallon, 2008

Rencontre avec Tristan Hordé
Éditions Argol 2005

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Dimanche 13 septembre 2009

Présentation de Claude Favre.

 

Entrer dans l’univers de Claude Favre comme se jeter dans un tourbillon de mots, de phrases, un débit haché et trituré de langage. On se laisse entraîner dans la course vertigineuse d’un torrent qui, son parcours chaotique achevé, vous abandonne sur une plage de galets, à moitié sonné, ravi de l’expérience, avec plein de questions et peu de réponses.

Claude Favre vit et travaille à l’Ouest comme elle dit. Sa biographie : vivre avec le corps qui lui a été donné et qu’elle ne reconnaît pas autrement qu’en y insufflant des poèmes. Elle  dit « avoir des embarras de langues contagieuses qu'elle ne résout pas en revues, sur sites, en lectures. Les jours de grand vent, elle s'attaque, consciente de l'urgence d'entreprendre carrière, à des traductions iconoclastes de textes apocryphes en géorgien ancien. »

Avec Claude Favre c’est de langue qu’il est question. Cette langue apprise et qui nous paraît, quelque soit son pays d’origine, limitée, impropre à la consommation, mais dont on ne peut se passer pour dire ce qui nous tient, au fond. Intéressée par les langues anciennes et marginales, chirurgien des mots, Claude œuvre officiellement depuis 2005 dans le domaine poétique. Ses publications en revue et sur le net donnent une vision morcelée de son œuvre mais une édition prochaine réunira ses « tentatives de conversation » aux éditions Voix Contraires.

 

Bibliographie succincte :    

-         publication en revue : Mâche-Laurier, Petite, Traction-Brabant, N4728, Contre-allée, Neige-d’Août, cahiers du CIPM…

-         publication sur site Remue-net (membre du collectif).

-         Publications Publie-net (autopsie)

-         Nos langues pour des prunes/ L’Atelier du pneu 1-  éd. 22 montée des poètes

-         Livre d’artiste Sang.S – Atelier de Villemorge

-         Un autre regard sur l’enfance éd. En Forêt, collectif.

-         Risque de chute de matériaux et effondrement des ouvrages, imageries cérébrales.


 

 

on compte cause fatigue des

fois plutôt deux, sans

lever les yeux, cause des

cerfs-volants, et la langue

la débâcle, comme au bal

des débutantes, poison

 

le métier, ça empêche y

en a d’endoloris, au bout

du compte

 

on est tout nerveux, et de

rire, faut dire toujours y

 

 

 

en a prêts à partir

surtout par hasard

 

c’est pas dit, en cachette,

on croit des fois, les

reconnaître

 

n’empêche tous ces yeux

plein les algues, comme des malades

jamais jugés, on

s’en tire comme on peut,

des fois, on oublie

 

extrait de Autopsie Publie-net

 

 


 

 

 

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Samedi 23 mai 2009

 

 

Je tiens « En ce temps-là, il pleuvait » comme une des meilleures attaques de roman qui puisse se trouver. « Il pleut » apporte aussi tout de suite un rythme et une couleur particuliers, moins mélancoliques que la phrase précédente.

On peut sur ce modèle, concevoir un certain nombre de premières phrases qui, une fois écrites, se laissent suivre avec facilité, sans effort, par deux centaines de feuillets. Ils en découleront avec naturel et logique.

J’aime surtout : « S’il avait plu ce jour-là », qui inaugure une histoire désabusée. Plus revendicatif serait : « Il aurait pu pleuvoir. » Plein d’espérance : « Pour peu qu’il pleuve… » Mystérieux, et même très mystérieux : « Elle crut qu’il pleuvait… »

On peut vouloir quelque chose de plus élaboré : « Il se confirmait donc qu’il pleuvait » ou : « Pourquoi aurais-je dû penser qu’il pleuvait ? » Ou encore, et plus subtil : « Il se dit que la pluie compliquerait les choses. »

Bibliquement ou prophétiquement surréaliste : « Je sais qu’il pleuvra un jour… »

Convivial et popote, style écrivain du terroir : « Nous fûmes accueillis par la pluie. »

Erotique : « La pluie mouillait. »

Proverbial : « Petite pluie, gros chagrin. »

Chacune de ces phrases appelle une histoire, des personnages, un décor, une ambiance, une philosophie, une religion. Elles sont tendues comme des ressorts, remontées comme des horloges, elles contiennent l’énergie qui créera la nouvelle ou le roman. Il n’y a qu’à les suivre.

On peut, bien sûr, remplacer la pluie par la neige… 

 

Pleut-il ? Gallimard, 2007

 


 

 

 

En partenariat avec le Chant des mots

 

Rencontre avec

Franz Bartelt

 

 

«  Un jour, on s’assoit à une table, on entre dans le rectangle de papier et on y reste pendant trente ou quarante ans, sans modifier l’ordre des choses qui nous concernent, cultivant sans faiblesse toutes les faiblesses qui nous ont engagés dans cette espèce de pratique à l’inconfort familier… »

Charges comprises. Gallimard, 2004

 

 
 

 

Le jeudi 4 juin 2009

à 20h30

à la bibliothèque Toussaint

49 rue Toussaint – Angers


 

 

 

Franz Bartelt est né en 1949. Son père était menuisier. Installé depuis son enfance dans les Ardennes françaises, il habite de tout cœur ce pays, à proximité de la Belgique, qui fut celui d’Arthur Rimbaud et d’André Dhôtel. « Le pays où l’on n’arrive jamais » a d’ailleurs été un livre marquant de la jeunesse de Franz Bartelt, qui a dit avoir appris à lire dans les romans policiers et commencé à écrire des fictions vers l’âge de13 ans.

C’est depuis1985, qu’il se consacre entièrement à l’écriture et dit ne pas être pressé : ses tiroirs ne manquent pas de fond(s), il a des réserves et n’écrit jamais dans l’urgence « Ca me rassure et me donne une liberté totale ».

Dans ses nombreux romans et nouvelles, il manie allègrement l’humour, même s’il est noir et corrosif. On y trouve le fruit de ses compagnonnages avec les romans de Georges Simenon, ceux du romancier belge Stanislas André Steeman et de nombreux écrivains de romans policiers pour lesquels il a beaucoup d’admiration. Mais la patte est toute personnelle.

On lui doit aussi des chroniques, des feuilletons, de la poésie, c’est par là qu’il a commencé, et des textes pour le théâtre qu’il produira pour France Culture et le cinéma.

Tous ses écrits procèdent d’un travail sur la langue française qu’il triture goulûment, avec une désinvolture qui n’est qu’apparente. Amoureux des dictionnaires et des grammaires, il n’écrit pas avec des idées mais avec des mots. « Je n’écris pas pour dire quelque chose mais pour écrire quelque chose ».

Pour lui, toutes les histoires viennent des mots. Il pense à ses personnages depuis des années avant de les embarquer dans ses livres. Avec distance et ironie comme le faisait Alfred Jarry ou Roland Dubillard, il manie l’absurde et si tous ses romans sont des romans noirs, l’humour y est sans cesse sous-jacent.

Devant la tragédie humaine l’humour est pour lui une attitude philosophique.

De romans en romans, Franz Bartelt, fin observateur de ses contemporains, avec une constante tendresse, nous permet d’approcher la folie ordinaire et les bizarreries de l’espèce humaine. A travers ses personnages hauts en couleurs sous le gris ou la pluie du quotidien, c’est une remontée aux sources de la condition humaine.

Des phrases effilées servent ses chroniques grinçantes, elles sont sans concession pour les fausses raisons de vivre et n’épargnent ni la stupidité, ni l’hypocrisie.

Il s’agit de filer la musique des mots, sans quoi le monde des hommes n’existerait pas. « Y’a que la poésie, pour changer la misère du monde ! »


 

 

 

 

 

 

 

Bibliographie sélective

 

Les fiancés du paradis, Gallimard, 1995
La chasse au grand singe, Gallimard, 1996
Les marcheurs, Finn, 1998
Le costume, Gallimard, 1998
Simple, Mercure de France, 1999
Suite à Verlaine, photographies de J.-M. Lecomte, Finn, 1999
Les bottes rouges, Gallimard, 2000 ; Labor, 2006
Au pays d'André Dhôtel, dessins de D. Cazenave, Traverses, 2000
Le Grand Bercail, Gallimard, 2002
Terrine Rimbaud, illustrations de J. de Moor, Estuaire, 2004
Charges comprises, Gallimard, 2004
Plutôt le dimanche, Labor, 2004
Le jardin du bossu, Gallimard (Série Noire), 2004. Folio, 2006
La beauté maximale, Galopin, 2005
Liaison à la sauce, Galopin, 2005
Teddy, avec Blutch, Liber Niger, 2005
Le bar des habitudes : nouvelles, Gallimard, 2005 ; Folio, 2007 (Bourse Goncourt de la nouvelle, 2006)
Massacre en Ardennes, avec Alain Bertrand, Labor, 2006
Chaos de famille, Gallimard, (Série Noire), 2006
Charleville-Mézières, absolument moderne, photographies de J.-M. Lecomte

et T. Chantegret, Noires Terres, 2006
Pleut-il ? : nouvelles, Gallimard, 2007
La belle maison, Le Dilettante, 2008
Les noeuds, Le Dilettante, 2008
Nadada, La Branche, (Suite Noire), 2008

 

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