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  • : Poesie et nouvelles contemporaines. Le Chant des Mots est une association angevine dont l'objet est d'organiser des rencontres avec des poètes et nouvellistes au cours de soirées ouvertes gratuitement au public. NOUS CONTACTER : lechantdesmots@sfr.fr Envoi des manuscrits de poésie : n4728@zythumz.fr
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Coups de coeur

 

nov2011

Cuisine Antoine Emaz, édition Publiepapier

recueil de notes

Refuge sacré Cathie Barreau, édition Publiepapier

carnet de voyage lors d'une résidence d'écrivain à l'hôpital psychiatrique de Ville-Evrard

 

fev 2013

Monologue Ludovic Degroote edition Champ Vallon

4 monologues, une seule et même voix pour dire la mort d'une jeune femme, soeur de l'auteur.

 

Avril en octobre jean-Paul Chabrier edition L'Escampette

nouvelles

 

mars 2013

décembre m'a cigüe Edith Azam éditions POL

poésie

Dimanche 10 juin 2012 7 10 /06 /Juin /2012 14:28

Lignées

Françoise Ascal, dessins de Gérard Titus-Carmel

Editions Aencrages & Co

 

D’emblée le titre inscrit le projet dans une généalogie multiple : les lignées de Françoise Ascal sont humaine et végétale. De l’humaine, il fut déjà question dans d’autres ouvrages, une lignée féminine marquée, portée en soi, cette « mémoire ombilicale en forme de laisse », dont il est impossible de se défaire. On sait l’attachement de l’auteure au végétal. Jamais toutefois il n’a été si bien intégré, ingéré, incorporé au sens propre. « Je cherche la racine » conclut le premier poème. Le lien à la nature n’est pas vécu comme rapport de soi à un autre monde, étranger ou familier, mais en fusion totale et intime. La nature nous « gobe » (« de quels sucs intimes suis-je extraite ») et nous la « gobons » en retour : « une prairie me monte à la gorge », « une prairie croît dans mon bassin (…). J’ai le ventre plein ».

 

Françoise Ascal suit sa voie poétique, remontant de livre en livre vers l’invisible, dans une volonté d’élucidation de l’être, un désir constant de présence accrue. Elle cherche, elle explore, expérimente, doute. « Toucher du doigt l’or de l’énigme », qui conclut l’ultime poème, est sa ligne d’horizon. Pour l’atteindre, il faut creuser, se dépouiller, accepter de se laisser dévorer. « J’en arrive à douter d’exister », écrit-elle, et sa démarche rappelle le « marcher dans les fissures comme pour regagner le fond » d’Erwann Rougé (L’Ecourue). Il est si effrayant, ce fond qui est aussi vide, indétermination, et jamais loin de la nuit toujours prête à reprendre le pouvoir, qu’il faut parfois s’enjoindre à poursuivre : « Laisse aller (…). Tu n’as besoin de rien. Pas même de toi ».

 

Françoise Ascal a comprimé sa prose pour en extraire 18 textes brefs, denses, accompagnés de 5 encres de Gérard Titus-Carmel. Ce sont des surfaces mouvantes, des transparences pâles armés d’une structure végétale noire, de nervures ramifiant l’espace. Il se dégage de ces territoires ouverts aux lumières douces une sensation de silence et de calme.

 

Frédérique Germanaud

Publié dans : livres
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Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 19:01

Le Chant des Mots recevra le jeudi 24 Mai  

Les éditions Isabelle Sauvage, en compagnie de l'auteure Claire Le Cam, qui lira ses textes

19 h à la bibliothèque anglophone d'Angers

            Isabelle Sauvage est éditrice typographe. Depuis 2002 elle réalise des livres d’artiste de petit format et à tirage restreint (entre 125 et 170 exemplaires). Une quinzaine de titres sont parus, en poésie et en prose ; des textes courts, car le temps de composition et de fabrication manuelles des ouvrages instaure une contrainte réelle qui fait de la typographie un art des limites. La plupart des textes dialoguent avec l’œuvre d’un artiste, l’ouvrage s’équilibrant au gré de cette double intervention. Le livre, tel qu’Isabelle Sauvage le propose, est donc bien le lieu bâti d’une rencontre autour de l’élément singulier que constitue un texte.

            Le savoir-faire de typographe et d’éditrice d’Isabelle Sauvage est remarquable. Mais en aucun cas il ne résout définitivement la question qui précède la réalisation de chaque nouvel ouvrage. Le livre est une solution matérielle unique au problème que pose le texte.  Il offre (…) ce que l’écrivain ne saurait faire sans écrire, et reconfigurer indéfiniment son objet. (…) Il faut que s’avère un ordre de la lecture. Et c’est là qu’intervient, (...) le travail d’édition et de typographie(...).

       Ce qui d’emblée retient l’attention, c’est la variété formelle des livres réalisés par Isabelle Sauvage. Peu nombreux sont ceux qui se ressemblent (...) : chaque ouvrage se soumet à la règle afin de mieux la plier à son tour au gré d’une variation outrepassant la semblance des formats ou des matériaux. (…) Par exemple, la reliure tissée qui recouvre normalement les livres est ici placée à l’intérieur, le carton étant laissé brut en extérieur et s’ouvre comme un contre-livre (...)

            A l’automne 2008, un versant offset (tirages à 600/800 exemplaires) voit le jour, qui offre aux éditions isabelle sauvage une autre dimension et une plus ample diffusion. La première collection, « Présent (im)parfait », dirigée par Alain Rebours, présente quatre ouvrages de petit format et de faible volume, à la couverture sobre et sombre. Elle (re)donne voix à quatre auteurs déjà publiés par Isabelle Sauvage, ce qui prouve la détermination de l’éditrice de défendre ses auteurs et d’accompagner leur œuvre. Une deuxième collection offset, « Chaos », dirigée par Séverine Weiss et basée sur des traductions sera inaugurée par la parution au premier semestre 2009 de Bosnie Élégie d’Adrian Oktenberg. Cette collection a pour vocation d’accueillir des récits et poésies parcourus par les « chaos du monde, soubresauts et révoltes, tensions et déchirures. Chaos de ces textes damassés déchirés dont les interstices brillent de pulsions et de rêves. »

                                                           (extraits d'un article d'Olivier Goujat paru sur .paperblog.fr/1343978/)

Claire Le Cam,



Le dernier ouvrage de Claire Le Cam D'un jour à un autre je vivrais autre apporte la confirmation d'un ton, d'une originalité et d'une sensibilité. Ce texte alerte et vigoureux où l'humour n'est pas absent  - parfois assez 
noir -, nous invite à réfléchir toujours avec distance sur le réel. Ce réel c'est la spécificité des femmes : être mère avec tout ce que cela signifie dans le rapport au corps. Un ouvrage exigeant qui permet de passer à travers cette expérience à une autre création moins physique mais pas moins décisive : le livre.

Auparavant l'auteure a écrit d'autres ouvrages à la construction rigoureuse et inventive comme Phasmagoria. Ici l'aspect formel invite le lecteur à une véritable activité de participation à la lecture. Il devient partie prenante du texte – ce qui est assez dans l'esprit de sa maison d'édition. Exigeant certes mais sans être austère car la distance par l'allusion, le sourire, la connivence, bref ce qui fait l'humour dans la langue est ici encore, présent.


Venez rencontrer Isabelle Sauvage et Claire Le Cam : ce sont des femmes de lettres aux textes et aux livres intelligents et novateurs.

Publié dans : lechantdesmots
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Mercredi 9 mai 2012 3 09 /05 /Mai /2012 09:29

C'est à dire

Franck Venaille

Mercure de France 2012

 

 

C'est à dire sonne comme une injonction et, une fois le poème introductif posé (« Je marchais » est un parcours ponctué de chutes), tout se dit en effet dans le désordre de l’urgence : le corps blessé, malade ; la peur ; l’enfance triste ; l’homme porteur d’un irrémissible regret d’être né ; les femmes « avec lesquelles jamais on ne passe plus d’une nuit » ; la fatigue ; les paysages de lumière blanche des Flandres et ceux de l’Italie du Nord.

 

Il se dégage de ce recueil morcelé dans lequel se mêlent séquences narratives, poèmes, chants, un sentiment de vaste défaite, qui va bien au-delà de l’homme, contaminant le ciel, la mer, la vie en général.

 

« Je suis encore cet homme rongé par la fatigue (…) mais je dois continuer d’écrire la geste de notre bien étrange croisade ». Il y a chez Franck Venaille de la bravade, de la bravoure et de la démesure. La hargne et la folie tentent de mettre à distance l’effroi. De cette mise à nu obsessionnelle résulte l’autoportrait fragmenté, cru, saisissant et émouvant d’un homme souffrant. Le poète use de toute la palette des techniques d’écriture, sans aucune contrainte imposée de forme ou de fond, dans une liberté et une maturité d’expression qui atteignent au cœur le lecteur.

 

Egaré dans la nuit

dans ce qui est

 

l’obscur complet

j’avance lentement

 

Me tenant par la main

 

Publié dans : livres
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Dimanche 22 avril 2012 7 22 /04 /Avr /2012 11:32

Comment quelque chose

Suivi de

Quel effacement

Alexis Pelletier (édition Escampette poésie) 

 

Avant même d’ouvrir le livre, les deux titres donnent cette indication en forme d’interrogation et de double état, celui de la présence et de l’absence. On verra l’écrivain  tiraillé toujours entre ces deux postures. Le recueil d’Alexis Pelletier s’agence en diptyque. Dans « Comment quelque chose », la colère est mélodie dominante, l’amour en sourdine. C’est l’inverse dans « Quel effacement ».

 

Contre le monde contemporain, celui de la « triade patriotique familiale », de la « farce politique », des drapeaux, le poète ne peut rester muet. La nécessité de dire est répétée, martelée. Mais si le poète fait sien le projet d’Anna Akhmatova de saisir l’époque et de la démonter, il se pose en même temps la question de la légitimité de celui qui dénonce et du projet même. « Et qu’est-ce que ça vient foutre dans un poème » ? La prise de parole politique, engagée, est constamment contrebalancée par le doute et la mise à distance. Alexis Pelletier n’hésite pas à faire entrer dans le poème le banal, voire le trivial. Y prennent place aussi, l’ironie et l’autodérision (vaut-il mieux rire ou hurler, se questionne le poète ?).

 

Où retrouver son souffle dans cette position intenable ? Les citations – nombreuses – comme des balises solides et éclairantes, des réponses qui viendraient mettre fin aux hésitations sont insuffisantes (« la comédie des références »). La musique insuffle parfois un peu de paix dans cette agitation (« mieux vaudrait s’en tenir à la fugue à six voix / avec papa Bach au clavier quelle offrande »), mais n’empêche pas de revenir aux mots, toujours et malgré soi.

 

« C’est quand ça m’échappe que

Quelque chose se passe

Ecrire était peut-être le meilleur moyen d’approcher

Le moment où tout bascule »

 

Reste le « tu », la présence aimée, pour faire face au découragement et à l’angoisse (« c’est quand tu es là que ça se calme »), le « tu » qui veille aussi sur le réel et le poème (« comment ta présence déshabille le réel »). 

 

Les deux parties du livre se composent de longues séquences de 2 à 3 pages, en vers libres. Par un jeu très musical de répétitions, Alexis Pelletier impose forme et rythme à la composition et marque ses obsessions : difficulté d’être en prise avec notre société, incertitudes et questionnements, avec en contrepoint la musique et l’être aimé.

 

 

FG

 

 

 

Publié dans : livres
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Dimanche 1 avril 2012 7 01 /04 /Avr /2012 12:38

 

 

anniv-harfang.JPG

 

 

 

Rendez-vous le jeudi 3 mai 2012

à la Bibliothèque Municipale d'Angers (Rue Toussaint)

en partenariat avec Le Chant des Mots

19 h

Rencontre avec la nouvelliste invitée Ingrid Thobois

20 h 30

les 20 ans d'Harfang

en présence des membres de la revue et de nouvellistes angevins

Présentation du N°40 (avec G. de Grissac, J-P. Cannet, J-C. Duchon Doris;..)

et d'un N° Hors Série  (avec C. Barreau, M. Déambrosis, I. Minière, F. Sanchez, A. Saumont, J. Taylor, I. Thobois, E. Urien, C. Wajsbrot...) et des photos de Michel Durigneux !

Lectures de nouvelles et de témoignages par Philippe Mathé, comédien du Bibliothéâtre

Publié dans : manifestations
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