L’association Le Chant des Mots et la bibliothèque anglophone
présentent :
Lecture rencontre avec
Antonio Rodriguez
poète.
Le mardi 29 avril 2008 20h30
Bibliothèque anglophone
60, rue Boisnet
49100 Angers Tél : 02 41 24 97 07
Entrée gratuite
Né en 1973, Antonio Rodriguez enseigne la littérature française à l'université de Lausanne. Il a publié ses premiers
poèmes en revue dès 1999. Son dernier recueil, En la Demeure, a paru en décembre 2007 aux éditions Empreintes.
Dans le champ poétique, il mène une double activité de critique et de créateur. A côté de ses essais universitaires
(Le Pacte lyrique, Modernité et paradoxe lyrique : Max Jacob, Francis Ponge), de la direction d’ouvrages collectifs (Paysage et poésies francophones, Quelle éthique pour la
littérature ?, Poésie contemporaine et tensions de l’identification) ou de numéros de revue (Les Cahiers Max Jacob), il construit une œuvre personnelle dont la rigueur
formelle, alliée à un travail sur le souffle et le rythme, témoigne d’une voix originale. Centrés sur l’émotion et le corps, ses poèmes explorent notamment ce qui reste en marge des discours
quotidiens, pour développer une communauté affective possible.
Son écriture le porte également vers l’expérimentation de formes interdisciplinaires, notamment avec l’image et les arts
plastiques.
(à partir d’un article paru le 17 mars 2008 dans Le Courrier, quotidien de Genève)
Bibliographie récente :
2006 Saveurs du réel, recueil de poèmes, Ed. Empreintes
2006 Le Dépôt des rêves, récit photographique
en collaboration avec David Deppierraz et Muriel Nardin,
Ed. Jean-Michel Place
2007 Ce qui, noir, prend souffle, livre d’artiste
en collaboration avec Catherine Bolle, Ed. Traces
2007 En la Demeure, recueil de poèmes, Ed. Empreintes
Extraits de textes Soins à domicile I
Solitude
ou le goutte-à-goutte d'un robinet
La chute qu’une casserole répercute
Les meubles et les murs vibrent à l'onde
Emacié n'a plus faim, n’a plus soif, ne veut rien
en maillot a froid, un numéro sur l'épaule
Quelqu'un tient son bras, guettant son pouls de 40
Soins terminés alors se surprend à sourire
Cette semaine nul autre ne passera.
Trois fois rien VII
Souffle
ou la sensation fécondée d’être
les côtes s’ouvrant à l’immensité gazeuse
les cellules célébrant la volupté de l’air
à conserver l’instant en leurs limites
et à rendre les débris de la production
aux 37° rythmés qui nous parcourent
triés par l’exigence pulmonaire
qui relâche mille petits éclats de soi
extériorisant le péril de trop retenir
Dans sa joie carbonique un arbre remercie
notre circuit de sa livraison pneumatique.