Il est de ces obsessions qui vous hantent et vous dévorent. Vous consumant petit à petit, puisant sans cesse dans vos forces, vous détournant de vos impératifs et de l'essentiel. Des graines que l'on aurait semées là, elles prennent racine, germent, se nourrissant de vos tergiversations continuelles.

D'abord seulement un songe, une pensée anodine et futile, demeurant seulement en surface. Elles gagnent alors progressivement en profondeur, s'immisçant toujours plus dans votre esprit, dans votre quotidien, parmi vos habitudes. Elles deviennent le centre de votre réflexion, de vos préoccupations. Concentrant toute votre attention, elles vous tourmentent et provoquent en vous ce questionnement permanent. À tel point que leur origine s'en vient totalement éclipsées, seule leur omniprésence a de l'importance. De fait elles vous transcendent et vous submergent, se faisant toujours plus intrusives. Elles exercent une telle emprise sur vous qu'elles finissent par vous assujettir, vous rendant dépendants d'elles. Comme si le rythme cadencé qu'elles avaient instauré ne formait plus qu'une harmonie parfaite avec votre existence. Comme si chaque seconde de votre vie se jouait de concert avec elles, suivant la mesure, battant le même tempo.

Elles drainent votre énergie, troublent vos sens et votre discernement, affectent vos perceptions. Elles déforment la réalité, la rendant plus attrayante qu’elle ne l’est, ou plus obscure qu’elle ne le devrait. Toujours en vue de vous guider aveuglément sur ce même chemin, ce même entêtement. Vous accaparant, vous dévorant, jusqu’à ce que chaque fois de nouvelles les remplacent et vous torturent.

Or l’homme est fait de ces obsessions, elles ponctuent son histoire, jonchent son parcours. Elles conditionnent son comportement et sa logique.

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