Une nouvelle année, un nouveau départ peut-être, un éternel recommencement sans doute. Et pourtant il est temps d’entamer l’écriture d’un nouveau volume de ce monumental ouvrage qu’est la vie, notre vie. Les volumes précédents relégués au passé, ont été des épreuves et des preuves de notre existence. Une odyssée sans cesse en cours de création et d’écriture, qui influence et sert notre présent et notre avenir encore incertain. Et parmi les allées sinueuses de cette odyssée, des chapitres aussi nombreux que nous avons eu de frayeurs, de frissons, de larmes, de coups de gueule, d’éclats de rire. Des sentiments que l’on découvre et redécouvre sans cesse, auxquels on s’habitue parfois, qui nous exaltent, ou nous consument. Et puis il y a des chapitres que l’on partage avec ces êtres qui nous entourent. Parfois ils sont de simple passage, ne faisant pas de vague, ou bien laissant des marques indélébiles. Et parfois ils s’installent de manière plus durable formant un morceau de notre propre histoire.

Et les pages se noircissent à une vitesse extraordinaire. Sans possibilité de stopper cette cadence folle, on regarde les mots s’incruster sur le papier anciennement blanc et vierge de toute épopée. Alors pour ce nouveau recommencement, sachez que toutes ces pages immaculées vous appartiennent, il ne reste qu’à vous de les rendre mémorables, honorables et d’y abandonner le moins de regrets possibles. Car ce qui est passé est passé, et n’est plus. Il s’agit d’une temporalité sur laquelle vous ne pourrez plus avoir aucune action, quand bien même vous le rêveriez, quand bien même vous supplieriez. Ils ne représentent plus que des souvenirs. Alors la nostalgie fera sourire et vous remémorer une époque chère et tendre ; mais l’amertume et le remords, ne feront que vous enchaîner toujours plus violemment.

La tâche vous incombe ainsi de griffonner ces nouvelles pages qui s’offrent à votre plume, appelant à être noircies. Chaque ligne attend de recevoir les marques de nouvelles phrases, d’être ponctuée entre chaque soupire, intonation et précipitation. Et dans cette course effrénée, et même si votre main tremble, n’ayez pas peur des ratures : elles font partie des hésitations et des soubresauts qui rendent nos existences si inégales et surprenantes.  

Tâchez de donner un nouveau tour à vos jours, un nouveau ton et de nouvelles sonorités à vos chapitres. Explorer l’inconnu, n’ayez pas peur du méconnu, osez vous ouvrir au monde et à ce qu’il a d’inattendu et d’insoupçonné. Mais choisissez bien vos mots. Choisissez-en de nouveaux, de plus éloquents, de plus enflammés, de plus émouvants. Veillez à la signification que vous porterez aux choses, à la symbolique de vos paroles comme de vos actes. Car ils vous déterminent et feront de vous ce que vous avez bien voulu leur faire dire.

Cependant au-delà de la bienséance, des codes et du conformisme, promettez-moi d’être tout simplement vous, et ce pour quoi vous croyez chaque jour qui vous est offert. Et quand bien même se faufiler entre les gens et prouver votre valeur s’avèrera ardue, revendiquez ce que vous êtes et faites-vous une place sur la grande scène de ce monde !

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