Je t’ai rêvé cette nuit. Un de ces doux rêves, aux frontières du réel, là où se confondent l’authentique et l’abstrait, là où se mêlent le visible et l’invisible. Le voile entre les deux est poreux, facilitant le passage de l’un à l’autre au Royaume des songes. Tout y est possible et envisageable, n’ayant pour seules limites que l’imaginaire.

Et nous dansions, tous les deux, au rythme des notes de piano s’égrenant en cascade. Tantôt en flots rapides, accélérant la cadence et l’intensité de cet instant. Tantôt se traînant lascivement, comme des soupirs venant suspendre le temps.

Dans ces instants infinis, nos yeux ne se quittaient pas, devinant chacun des mouvements de cette chorégraphie. Ce qui était insensé, car je ne savais pas danser, je ne l’ai jamais su, quand bien même l’exercice m’aurait enchantée.

Et pourtant, nous valsions. Tes pas guidaient les miens, sans la moindre maladresse, sans la moindre hésitation. Une de tes mains pressant délicatement ma main, tandis que l’autre soutenait fermement ma taille. Nous nous balancions sur la mélodie, nos corps réagissant l’un à l’autre comme en écho. Pendant ces secondes, ces minutes, ou ces heures peut-être, m’ayant fait totalement perdre la notion du temps, le monde alentour disparaissait.

Et cette vaste salle, désormais dépeuplée, nous appartenait et nous accueillait en son sein. Il n’y avait plus rien autour que la musique et le frottement de l’air à chacun de nos mouvements, chaque fois que tu me faisais virevolter entre tes bras. Le temps semblait irréel, comme interrompu à jamais, pour deux oiseaux paradant avec grâce et légèreté.

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