En partenariat avec le Chant des mots
Rencontre avec
François Bon, écrivain
« Je crois que ce qui fait une écriture, c’est ce qu’on y met de soi-même. La traversée de soi que cela impose. » (Lire, septembre 2004)
Le mardi 7 avril 2009
à 20h30
à la bibliothèque Toussaint
BIOGRAPHIE
François Bon est né en 1953 à Luçon en Vendée et passe son enfance et son adolescence à Saint-Michel-en-l'Herm, dans le Marais poitevin, puis à Civray dans la Vienne. Fils d'un père mécanicien et d'une mère institutrice, il se passionne très tôt pour les livres. Après des études d'ingénieur en mécanique (au Conservatoire national des arts et métiers de Bordeaux puis d’Angers), il travaille plusieurs années dans l'industrie, en France (Aciéries en Lorraine) et à l'étranger, où il se spécialise en soudure par faisceau d'électrons.
Il publie en 1982 son premier livre, Sortie d'usine, aux Éditions de Minuit. Reçu à la Villa Médicis en 1984, François Bon se consacre depuis entièrement à la littérature.
En 2007, il devient directeur de collection au Seuil en lançant avec Bernard Comment : Déplacements. À raison de six livres par an, il tente de constituer une collection qui échappe au roman et qui pose par certains enjeux d'écriture et un rapport à l'époque contemporaine des questions à la création littéraire.
Parallèlement à son travail d'écriture, il s'est spécialisé dans les ateliers d'écriture auprès de publics en difficulté sociale (SDF, détenus, etc.), mais aussi d'étudiants (École nationale supérieure des beaux-arts, École normale supérieure) et d'enseignants (Tous les mots sont adultes, Fayard, 2005).
François Bon est un des premiers écrivains à s’être intéressé aux possibilités offertes par l’informatique et Internet, espace selon lui propice à la création et à l’expérimentation littéraire, « lieu privilégié de friction du langage et du monde » (Tiers livre.net).
Il crée dès 1997 un des premiers sites web consacré à la littérature, qui deviendra Remue.net. Ouvrant Remue.net à d'autres collaborateurs, il crée Tiers-Livre.net. Son intérêt pour la création littéraire sur et pour Internet l'amène à travailler également la photographie numérique (Tumulte), à collaborer régulièrement avec des musiciens dont Dominique Pifarély, Vincent Ségal, Kasper T. Toeplitz, et à participer à des tables rondes ou à faire des interventions sur la question du devenir de la littérature en rapport au numérique, notamment en 2006 et 2007 avec la Société des gens de lettres.
François Bon est aussi auteur de pièces de théâtre (Quatre avec le mort, Daewoo), d'émissions radiophoniques (notamment consacrées aux Rolling Stones et à Led Zeppelin sur France Culture), et d'émissions de télévision (Paysage fer, La vie par les bords). En 2007 il réalise le feuilleton Bob Dylan sur France Culture avec Claude Guerre, diffusé en février 2007.
En 2008 paraît son dernier livre consacré à Led Zeppelin, groupe anglais phare des années 70.
En vingt-cinq ans d’écriture et à peu près autant de livres, François Bon a exploré et labouré tous les champs de la prose. Des manières très diverses, mais un souci constant : que l’écriture soit au service d’une interrogation toujours réitérée des existences incarnées dans les gestes et les paroles, de la mémoire, du présent. Le monde de l’usine -celle qu’on quitte ou celle qui vous chasse-, la remontée, depuis le deuil, aux origines familiales, au territoire où on s’est construit ; ou encore l’univers carcéral, avec la misère et la violence qui l’alimentent et celles qu’il sécrète. On voyait l’écrivain poursuivre sa plongée au cœur de l’humain, avec une prédilection pour ces lieux d’observation que sont les vies minuscules, prises dans le mouvement de l’Histoire et les bouleversements sociétaux. En 2002, changement d’objet et de focale : François bon publiait une biographie du groupe de rock le plus ancien et le plus célèbre du monde, les Rolling Stones. Cinq ans plus tard, il récidive avec Bob Dylan. Mais l’homme ne se veut pas historien du rock pour autant. Il reste un artisan de la littérature, cherchant dans le sillage de l’artiste qu’il raconte, à « recueillir, à suffisant grossissement de microscope, ces graviers qu’on garde, et qui nous déplacent dans notre propre rapport au langage. »
(Matricule des anges, n° 87 – octobre 2007)
BIBLIOGRAPHIE
(source Wikipédia)